LANDIVISIAU
Expositions photographiques sur le thème :
« Dans le sillage de Segalen »
Du vendredi 10 mai au dimanche 22 septembre 2019

Makoto KINOSHITA

- Tokyo _KOBE

Makoto KINOSHITA

Né en 1956 à Tottori, Japon.

Professeur de l'Université de Hyogo, à Kobé,

il enseigne la littérature et la civilisation européenne.

et traduit beaucoup d'œuvres de Victor Segalen et de Guy Debord en Japonais.



Note d'intention

Dans le sillage de Segalen au Japon

Au cours de son premier voyage en Chine, Victor Segalen est passé par le “Pays des estampes”, selon ses termes. Une semaine de séjour, du 7 au 14 février 1910, n’était guère suffisante pour comprendre la culture japonaise. Cinq étapes, Nagasaki, par où il arrive en bateau, Kobe, Kyoto, et Tokyo, ainsi qu’Osaka dont il n’aura vu que la gare. Il a cependant eu l’occasion d’être touché par la réalité japonaise de cette époque, ce “peuple de lanternes” qui témoigne de son immense curiosité.

Après avoir “bibeloté un service à thé”, il passe “toute l’après-midi à choisir des estampes”, à Tokyo, avec son ami Gilbert de Voisin, cherchant à rassembler des images d’un Japon rêvé ou fantasmé. Il visite le quartier des prostituées qu’il évoque dans ses Notes de voyage de Briques et Tuiles : “ Le soir, mené par un guide de l’Imperial Hôtel au Yoshiwara, à une bonne heure de l’hôtel en rickshaw. Entrée libre. Quelques noms de prostituées : Kozakura, Petite cerise, Yamato, Province ”. De sa visite du quartier des trois mille vierges fermé par une grande porte et cerné par des canaux qui enfermaient les femmes dans une centaine de maisons, il ne reste aujourd’hui qu'une vingtaine de bordels déguisées en bains publics où des Japonaises proposent leurs services.

Segalen parle de “La foire aux amoureuses”, sans épiloguer sur son expérience avec ces femmes dont il ne parlait pas la langue. Il décrit plutôt la beauté des rues, et revient avec ironie sur “la liturgie de tout cela…il importe d’abord de bien choisir”. Il débarque au Japon avec son imaginaire, et rend hommage à ce pays qui a « Le culte du bois», et sait se servir “de la plus noble des matières”, à condition de “minéraliser sa sève”. Il a vu des temples avec des toriis exotiques, et s’émerveille des parois de papier. “Les murs n’en sont pas, mais seulement feuilles tendues entre les troncs”.

A Kyoto, il se montre sensible aux grands arbres qui lui rappelaient ses forêts de Bretagne. Mais à Tokyo, la petitesse des tombeaux des Shoguns ne l’a pas impressionné. Dans son esprit, l'image de la Chine éternelle semble s’imposer en filigrane, au point presque de masquer le Japon. Je me suis donc efforcé de mettre mes pas dans les siens, avec les yeux d’un Japonais contemporain du XXI ème siècle.

Makoto KINOSHITA
Légendes photographies
photo1 : 
Port de Nagasaki (11 /1/ 2019)Port de Nagasaki (11 /1/ 2019)
photo2 : Temple sintoïste O'Suwa (11 /1/ 2019)
photo3 : Temple bouddhiste Shoren-in, dit Palais Awata (25/12/2018)
photo4 : Quartier de Yoshiwara «la foire aux amoureuse, ou le quartier des trois mille vierges» (1/12/2018)
photo5 : Paquebot pour Changhai, Port de Kobe (27/11/ 2018)