LANDIVISIAU
Expositions photographiques sur le thème :
« Dans le sillage de Segalen »
Du vendredi 10 mai au dimanche 22 septembre 2019

Philippe DESARME

22500 PAIMPOL

Présentation Philippe DESARME
 
Je ne suis pas un photographe né de la crise. Mon premier appareil photographique, je l’ai acheté à l’âge de 14 ans et en plus de quarante années je n’ai jamais lâché mon boîtier. Après une formation de photographie et d’art, j’ai acquis mon expérience professionnelle en tant qu’assistant photographe et depuis j’ai fait tous les métiers de la photographie : Grand reportage, presse, studio,... tout en menant en parallèle des projets personnels.

Je découvre la Bretagne en 2012. Un choc : les couleurs turquoise, bleu profond ou vert; les nuances de la mer, la
lumière fonction de l’ensoleillement : le minéral gris, rose ou rouge. Un désir, souligner ces lumières, ces couleurs;
imprimer les transparences, le mouvement et m’immerger, ne plus partir. En prolongeant le temps je parviens à un résultat épuré et réaliste.


Note d'intention
Note d’intention
 
Mise en image des textes extraits du recueil de poésies
Photo1
BREHAT 59899
Stèles Stèles face au midi
Sans marque de règne

’ Attentif à ce qui n’a pas été dit; soumis par celui n’est point promulgué; prosterné vers ce qui ne fut pas encore,
Je consacre ma joie et ma vie et ma piété à dénoncer des règnes sans années, des dynasties sans avènements, des noms sans personnes, des personnes sans noms,
Tout ce que le Souverain-Ciel englobe et que l’homme ne réalise pas.’

Photo2
53722 MEZ DE GOELO
Stèles Stèles face au nord
Trahison fidèle
Tu as écrit : « Me voici, fidèle à l’écho de ta voix, taciturne, inexprimé. » Je sais ton âme tendue juste au gré des soies chantantes de mon luth :
C’est pour toi seul que je joue.
Ecoute en abandon et le son et l’ombre du son dans la conque de la mer où tout plonge. Ne dis pas qu’il se pourrait qu’un jour tu entendisses moins délicatement !
Ne le dis pas. Car j’affirme alors, détourné de toi, chercher ailleurs qu’en toi-même le répons révélé par toi. Et j’irai, criant aux quatre espaces :
Tu m’as entendu, tu m’as connu, je ne puis pas vivre dans le silence. Même auprès de cet autre que voici, c’est encore,
C’est pour toi seul que je joue.
Photo3
59894 BREHAT
Stèles Stèles orientées
Mon amante a les vertus de l’eau
Mon amante a les vertus de l’eau : un sourire clair, des gestes coulants, une voix pure et chantant goutte à goutte.
Et quand parfois, — malgré moi — du feu passe dans mon regard, elle sait comment on l’attise en frémissant : eau jetée sur les charbons rouges.

Photo4
PLOUGRESCANT 58182
Stèles Stèles du bord du chemin
Terre jaune
D’autres monts déchirent le Ciel, et portant le plus haut qu’ils peuvent les tourments de leurs sommets, laissent couler profondément la vallée.
Ici, la Terre inversée cache au creux des flancs ses crevasses, tapit ses ressauts, étouffe ses pics,
— et tout en bas
Les vagues de boue chargées d’or, délitées par les sécheresses, léchées par les pleurs souterrains gardent pour quelque temps la forme des tempêtes.

Photo 5
53624 BONAPARTE
Stèles Stèles du milieu
Moment

Ce que je sens, — comme aux entrailles l’étreinte de la chute, — je l’étale sur ta peau, robe de soie fraîche et mouillée; 
Sans autre pli, que la moire de tes veines : sans recul, hors l’écart des mes yeux pour te bien lire; sans profondeur, hormis l’incuse nécessaire à tes creux.
Qu’ainsi, rejeté de moi, ceci, que je sais d’aujourd’hui, si franc, si fécond et si clair, me toise et m’épaule à jamais sans défaillance.
J’en perdrai la valeur enfouie et le secret, mais ô toi, tu radieras, mémoire solide, dur moment pétrifié, gardienne haute
De ceci… Quoi donc était-ce…

 
« Stèles » de Victor SEGALEN.