LANDIVISIAU
Expositions photographiques sur le thème :
« Dans le sillage de Segalen »
Du vendredi 10 mai au dimanche1 septembre 2019

 

Thème pour l'année 2019 : Dans le sillage de Segalen

L’association Photos en Poésie a choisi pour la 3ème édition de son festival photo, le thème « Dans le sillage de Segalen ». L’exposition aura lieu à Landivisiau, en Finistère, de mai à août 2019.

Cette année 2019 est en effet celle du centenaire de la disparition de Victor Segalen, et Photo en Poésie souhaite à sa manière honorer la mémoire du grand poète breton.

Victor Segalen est un médecin de marine, sinologue, ethnographe et archéologue, né à Brest le 14 janvier 1878, et mort le 21 mai 1919 à Huelgoat. Poète et écrivain, il puise son inspiration dans ses voyages et dans les civilisations rencontrées en Asie et en Polynésie.

Ses premiers voyages le conduisent à Tahiti en 1903. Il en ramène les derniers croquis de Paul Gauguin, et les bois de la Maison du jouir, mort aux Marquises quelques mois plus tôt. Mais aussi un roman, « les Immémoriaux », et des essais sur Gauguin et Rimbaud.

Il est ensuite affecté en Chine, confronté à une épidémie de peste, puis s’y installe en 1910 avec sa famille. Il y mène des recherches archéologiques sur les monuments funéraires de la dynastie des Han. Avant d’éditer son recueil de poésie en prose « Stèles » en 1912.

De retour en Europe, en raison de la première guerre mondiale, il est d’abord affecté sur le front, puis à l’hôpital militaire de Brest. Il repart en Chine en 1917. Et meurt mystérieusement en 1919 dans la forêt de Huelgoat, au pied d’un hêtre, avec le livre de Hamlet dans la main.

Victor SEGALEN
Stèles
Extrait de Stèles du bord du chemin


« Ville au bout de la route et route prolongeant la ville : ne choisis donc pas l’une ou l’autre, mais l’une et l’autre bien alternées.

Montagne encerclant ton regard le rabat et le contient que la plaine ronde libère. Aime à sauter roches et marches ; mais caresse les dalles où le pied pose bien à plat.

Repose-toi du son dans le silence, et, du silence, daigne revenir au son.
Seul si tu peux, si tu sais être seul, déverse-toi parfois jusqu’à la foule.

Garde bien d’élire un asile. Ne crois pas à la vertu d’une vertu durable :
romps-la de quelque forte épice qui brûle et morde et donne un goût même à la fadeur.

Ainsi, sans arrêt ni faux pas, sans licol et sans étable, sans mérites ni peines, tu parviendras, non point, ami, au marais des joies immortelles,

Mais aux remous pleins d’ivresses du grand fleuve Diversité. »